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UdM.Comm
Une publication de l'AED

AEDfocus

Etudiants à l'UdM

PartenairesOne can
compromise over programme but not over principle. Nkwame Nkrumah,
Consciencism.
Sommaire
Edito
ÉditorialLe texte que vient de produire Fabien Eboussi
Boulaga à propos de l'UdM ne peut se comprendre que mis en contexte. Il y
a quelque temps déjà, l'AED a créé UdM.Comm pour doter l'UdM d'un canal
de communication qui, au-delà du site qui ne publie que des nouvelles
brèves de l'institution, peut accueillir des réflexions un peu plus
élaborées émanant des étudiants, des enseignants, du personnel ou de toute
autre personne attentive à l'évolution d'une initiative dont l'originalité
chatouille pas mal d'esprits. L'idée était alors venue à l'équipe AED-UdM
(Association pour l'Éducation et le Développement-Université des
Montagnes) de solliciter des collaborations extérieures pour permettre à
certains observateurs de donner leur point de vue sur l'expérience que
représente la naissance au Cameroun d'une université endogène, entièrement
contrôlée par la société civile locale. Et c'est dans ce cadre qu'il avait
été demandé à Fabien Eboussi Boulaga qu'on ne présente plus,
d'écrire l'éditorial d'un numéro de UdM.Comm en préparation. Le texte
qu'il signe aujourd'hui aurait donc dû occuper la place de celui-ci et
servir d'ouverture à UdM.Comm3, suivi de toutes ses rubriques habituelles.
Mais au lieu du millier de mots requis, Fabien Eboussi nous a honoré d'une
réflexion dont la longueur et la portée vont bien au-delà de ce qui était
attendu. Et voilà qui m'a fait penser, toutes
proportions gardées, à la genèse de The Pleasures of Exile
(1960) de l'écrivain George Lamming. Comme nous le rapporte
Lamming lui-même, le Canadien Robert Weaver avait demandé au jeune
romancier qu'il était d'écrire l'introduction à un dossier de The
Tamarack Review portant sur la littérature des Caraïbes
anglophones. Lamming pense alors saisir l'occasion pour expliquer la
problématique de sa production littéraire. Mais chemin faisant, il se
laisse prendre au piège et produit en une quinzaine de jours, les 232
pages de The Pleasures of Exile. Évidemment, le texte du philosophe
camerounais ne se compare pas en volume à The Pleasures of
Exile. Tout compte fait cependant, la réflexion de Fabien Eboussi
emprunte une démarche semblable à celle de Lamming. Tout indique qu'il
semble avoir saisi l'occasion qui lui était offerte pour mettre par écrit
l'analyse que lui inspire l'expérience de la création de l'UdM, une
initiative dont il montre par ailleurs qu'il en sait bien plus qu'on ne
pouvait l'imaginer.Du coup, la dimension des réflexions de
l'auteur de La Crise du Muntu (1977), Christianisme
sans fétiche (1981), Les Conférences nationales en
Afrique (1993), La Démocratie de transit (1997),
À contre-temps (1991) et autres Lignes de
résistance (1999), etc, a pour ainsi dire déraillé le numéro du
journal en préparation.Grande a été la tentation de la rédaction de
dénaturer UdM.comm, de la transformer à l'occasion en un journal de débats
en y intégrant plusieurs commentaires, dûment sollicités, autour de la
contribution de Fabien Eboussi. On a plutôt préféré l'accompagner d'une
seule réaction, symptomatique il va sans dire, celle de Cilas Kemedjio.
Mais les portes demeurent ouvertes. À l'instar de Kemedjio, nous
voudrions que nos lecteurs se sentent libres de nous envoyer leurs
commentaires, leur compréhension de la pensée de Fabien Eboussi
Boulaga. Peut-être pourrions-nous alors avoir un petit échange d'idées
autour de l'initiative AED-UdM. À vos plumes donc, si le cœur vous en dit
! Ambroise Kom

Focus
Eboussi Boulaga salue l'UdM
Une
hirondelle, dit-on là-bas, ne fait pas le printemps pas plus qu’ une
colombe, avec son rameau d’olivier au bec, n’arrête le déluge, mais
l’un et l’autre annoncent, sans garantie, la fin de temps sombres,
sans visibilité ni perspective d’avenir, sans liberté d’initiative
ni de conception, particulièrement dans le domaine de l’éducation.
L’Université des Montagnes est l’un de ces petits signes de
mutations pratiques et mentales profondes qui mettent en déroute et,
peu à peu, rendent hors de propos la dogmatique de
légitimation et justification du pouvoir postcolonial camerounais et
de sa gouvernance.Une poétique de l'action
Je ne
m'attarde pas
sur les résultats obtenus
qui ont paru assez
probants
aux ennemis jurés de ce projet
d'Université privée
pour
leur faire accepter une trêve ou un armistice.
Ce qui
mérite de retenir l'attention,
ce sont les forces qui les ont
portés
autant que les manières de faire
dont ils ont été
produits.
Quelles
forces ont été jetées dans ce qu’il faut bien appeler une bataille ?
Il est sans doute permis de parler de convictions intimes et fortes,
de dévouement à une cause vécue comme sacrée et vitale et donc
capable de conduire à de multiples sacrifices et à une endurance
infinie face aux peines, aux fatigues, aux tracas et aux
humiliations. Une telle référence à des qualités et à des
attitudes morales est suspecte à nos compatriotes qui préfèrent de
loin les explications plus “persuasives” ou indiscutables par la
cupidité, l’argent, l’occulte avec ses astreintes et ses
gratifications prodigieuses. La morale s’entend bien d’individus
pris isolément, abstraitement considérés, mais non quand des
comportements convergent pour constituer la force d’un agent
collectif à un moment donné du temps, s’employant à réaliser
un dessein et à bâtir une oeuvre. Mieux vaut, laissant d’autres à leurs
poncifs et à leurs vaticinations, s’en tenir à l’analyse d’une
action historique dans le contexte de sa genèse et selon ses
dimensions politique, psychosociologique et économique. Qualités et
défauts relèveraient alors d’une éthique historique de groupe. C’est
une telle approche qui expliciterait et fonderait ce que je pressens
d’intéressant et d’instructif dans cette expérience, puisqu’elle
peut en montrer la rationalité, la pertinence, les conditions
possibles de sa production/reproduction ou de sa transposition.
C’est elle qui en fait un analyseur de notre “politie”. Je
propose donc mes pressentiments sous la forme de quelques hypothèses
ou maximes, sans pouvoir les développer ni les étayer à ma propre
satisfaction. Mais j’en dirai assez pour stimuler des réflexions,
peut-être des contestations et des examens plus
approfondis.1. Rien de grand ne se fait sans
passionCette
maxime (braconnée chez Hegel comme la deuxième adapte un de ses
aphorismes) permet de caractériser le contexte prochain, immédiat
dans lequel se trame et se décide la fondation d’une Université à
l’Ouest pour l’Ouest, certains disent en pays Bamiléké pour
Bamiléké. Les mirages du Renouveau ont fait croire à des personnes
de bonne foi, qu’un changement politique et social était non
seulement possible, mais probable et imminent, la volonté politique
étant volonté d’action et non de simple aspiration velléitaire et
d’incantation. Nombreux furent ceux qui voulurent participer à son
avènement sans le subir, contribuer à sa configuration, à titre
individuel et surtout à titre de groupes d’affinités et d’intérêts.
Un groupe, baptisé C3, mobilisa des intelligences, travailla en
cercle fermé et à huis clos (comme plusieurs autres de tous bords),
produisit des ouvrages de diagnostics et de prescriptions bien
résumés par le titre en forme de slogan de leur livre-manifeste
Changer le Cameroun ? Pourquoi pas ? (1990). Ce fut un temps
d’effervescence volubile, des cerveaux et des langues qui se
délient, chacun espérant d’autres façons de vivre en commun et en
mieux. Mais il fut emporté par un déferlement de violences verbales,
de tracts haineux et d’émissions en langues régionales précurseurs
de la radio des Milles Collines, de voies de fait, de
destructions de vies et de biens à qualification
ethnique.Le sentiment
d’insécurité s’aggrava de celui d’une exclusion systématique de
certains postes, de certaines fonctions. La psychose de la
persécution gagna aussi le cercle pensant de C3, quand il perçut
dans la réforme universitaire comme une machine de guerre traduisant
la volonté de renvoyer “chacun dans son village” pour y voir végéter
des institutions chétives et régressives, qui n’auraient
d’université que le nom, tout en continuant d’être régentées
“contenues” ou paralysées par une faction administrative bornée
bardée de décrets, d’arrêtés, de force discrétionnaire et de
privilèges. La passion, ce fut ce mélange de frustrations, de
souffrance, de dépit et de rage individuelle impuissante, mais
surtout la conviction, fondée ou imaginaire, manipulée ou spontanée,
d’une immense injustice enveloppant indistinctement toute une région
et toute une “population”, le réveil de l’expérience traumatique du
maquis avec ses morts insensées (qui, étrangement, n’ont jamais fait
l’objet d’un travail public de deuil et de mémoire), ses
bouleversements irréversibles et sa part d’irréparable.La passion raisonnée et
agissanteDe soi, la passion
subit et ne crée rien,
elle n'a pas de clairvoyance et on la dit
aveugle.
Pourtant, sans elle, l'action est creuse,
gesticulation et mimétisme stériles.
Elle se métamorphose en
moteur de l'action
en se soumettant à la loi de cette dernière,
qui est pensée agissante.
La pensée
libre de la fixation compulsive sur un immédiat compact, elle
propose des étalements dans la durée et des parcours, les médiations
de la délibération, des moyens adéquats aux visées (présence absente
des buts), de la décision constitutive d’un choix préférentiel
risqué et de sa mise en œuvre. Voilà comment le projet de
l’Université a pris corps. Il a déplacé le champ de bataille: on
n’investit pas dans une représentation fonctionnelle,
proportionnelle au poids démographique et selon le mérite au sein de
l’ Etat administratif tel qu’il est.L'UdM réinvente
l'université
L'enjeu est la formation d'hommes
qui
ne seront jamais superflus ou parasites,
par leur aptitude à
créer de l'emploi, de la richesse
et à s'adapter dans le monde
des sciences,
des commerces et des industries de tous
genres.
Pour une telle formation, il est vain de compter sur la
conversion
interne d'une université déconnectée des réalités
par son optique rentière et le corset
de ses superstitions
coloniales et antédiluviennes.
S’il faut une université qui soit le fer
de lance du développement de l’emploi, elle sera “privée” ou elle ne
sera pas : sa raison d’être, dans une économie d’entreprise et une
société des savoirs est l’insertion efficace et performante de ses
institutions et de ceux qu’elles forment dans le marché du travail,
de la création continue des connaissances et d’emplois qui les
matérialisent, les gèrent et les échangent en vue d’un mieux-être
social digne des “vrais hommes” d’aujourd’hui. Les
qualités requises par une telle ambiance manquent totalement à celui
qui n’a pas éprouvé dans sa chair et dans son âme la passion
infligée à lui-même et aux siens par un régime sans cœur
ni esprit. Les grandes oeuvres africaines viennent et viendront de
ceux qui investissent, sur d’autres terrains à défricher, voire à
inventer, des militances déçues sur des voies réputées et
apparemment royales mais en fait minées, sordides et sans issue.
D’autres paradigmes nous font signe, non pas pour que nous les
adoptions et les substituions sans plus à ceux qui oppriment notre
imagination, mais pour nous donner à voir ce qu’accomplissent la
liberté et l’emprise sur son environnement historique, social,
culturel et physique, après la découverte charnelle du coût
désastreux d‘une ignorance collective entretenue, voire
cultivée.2. On ne se libère pas de l’ethnie mais
par l’ethnieLe lieu des
passions, des attaques perpétrées ou subies, celui où se sont
formées les ripostes et les mobilisations de l’action, a été
l’ethnie. C’est bien à tort qu’on regrettera ce fait au motif
qu’il disqualifierait moralement et politiquement cette
entreprise, comme son péché originel inavouable, sa tare congénitale
qu’il est vain de nier, de taire ou de camoufler. Contre la diabolisation de
l'ethnieL'ethnie ainsi
stigmatisée,
notamment sous l'appellation de "tribu",
concentre la somme d'ignorances, de contresens
et de
méconnaissances affectant notre connaissance de nous-mêmes,
jusqu'à nous empêcher d'y accéder.La première erreur est de la
considérer comme une survivance de ce passé ou l’auraient relégué
l’Etat, la nation, l’économie capitaliste et la démocratie. Dans
cette cristallisation, elle est envisagée comme un objet à conserver
ou à détruire, en partie ou en totalité, comme ornement ou comme
matériau utilisable à d’autres fins plus nobles, plus vivantes et
plus réelles. Ce point de vue n’est pas faux, mais il est
unilatéral, celui d’une contemplation d’un phénomène au repos et de
l’extérieur, d’une position de surplomb impériale qui fige
tout et abstractise tout.
L’ethnie manifeste
d’autres caractéristiques ou d’autres potentialités, saisie en
mouvement, dans le lieu de l’action qui se conjugue toujours au
présent. Dans la structure de l’action d’une société donnée, “tout
l’héritage, tous les vestiges du passé se transforment en éléments
constitutifs de cette société au service du présent, ils existent et
fonctionnent selon les lois du présent. Ce qui importe dès lors, ce
n’est pas tel phénomène soit un vestige du passé, c’est la raison
pour laquelle il existe encore, c’est l’aspect qu’il a pris dans la
nouvelle société, c’est le rôle qu’il y joue” (A. Zinoviev dans
Lignes de résistance,. p. 248), effectivement, dans
telles actions, mais non en soi ou a priori.
La plupart
du temps l’ethnie a l’existence à la fois incontestable et très
diffuse d’un sentiment de similitudes culturelles, linguistiques,
rituelles. Elle n’est pas une entité économique ou politique. Entre
les clans qui le constituent, elle admet la concurrence et les
guerres, les distinctions d’amis et d’ennemis, d’alliés et de non
alliés. Mais la solidarité et l’unité virtuelles dont l’ethnie est
capable du fait des similitudes, des affinités culturelles,
généalogiques, rituelles des clans qu’elle embrasse ne s’expriment
que sous imposition et contrainte extérieures. C’est la violence et
l’arbitraire de l’occupation guerrière de leur territoire qui leur
donne un nom commun, des pratiques exigeant leur association
obligatoire. C’est l’hostilité et la menace totale qui l’unissent
dans un sursaut d’action commune, la poussant, littéralement, à ses
extrémités dans une réponse extraordinaire sous la forme d’une
coalition de forces et d’intérêts indépendants, qui ne dure que le
temps du danger dans sa plus haute intensité. La
disparition de la violence, sa réduction à des impacts plus
localisés ou individuellement ciblés et à un état général de basse
intensité estimée gérable par des recettes familières à chaque
composante mettent fin au rassemblement “supra-clanique” et à
l’action commune. Historiquement et fonctionnellement parlant, on
peut se hasarder à suggérer que “l’ethnie” est suscitée ou
“inventée” comme entité économique et politique par l’agression et
la contrainte de l’Etat, par l’usage des moyens d’Etat et que les
confédérations d’ethnies, de clans et de “tribus” ne sont pas
des formations spontanées qui font transition vers l’Etat, mais
plutôt le fait de l’action d’un Etat les instrumentalisant, les
manipulant et les contrôlant, notamment au moyen de la peur d’une
extermination programmée, en sursis.Nous
avons suffisamment de balises pour interpréter notre adage et
l’appliquer à la création de l’Université des Montagnes, à la voie
que le destin lui trace dans ses origines. “On ne se libère pas de
l’ethnie”. On n’y entre pas comme dans une association
volontaire, fondée sur une adhésion à des croyances et à des
préférences, dont on peut sortir quand elle vient à défaillir ou à
changer. L’appartenance à l’ethnie n’est de l’ordre idéologique,
mais cosmobiologique. Elle est l’élément “de vie, de pensée et
d’action dans lequel un individu ou un groupe se reconnaît, dote ce
qui l’entoure de sens et se dote lui-même de sens , met en route un
processus identificatoire et identitaire”. Elle est une référence
primordiale, “parce qu’elle gère la médiation, à la fois biologique
et sociale, de notre double relation au monde et à l’altérité, aux
autres”, instaurant pour un groupe un lieu d’enracinement
imaginaire et, à partir de celui-ci, une trame de lieux
subjectivement orientés et hiérarchisés. On voit pourquoi il est un
recours dans des cas de crise, de désorientation, de péril
suprême.“On se
libère par l’ethnie”, dès lors qu’elle permet ce ressourcement,
cette plongée dans les profondeurs qui déterminent les attitudes des
individus vis-à-vis des principes, des normes et des critères
concrets de l’action. Les motivations justificatives qui leur
donnent une effectivité sociale et les font s’inscrire dans des
actes, des projets collectifs assumés se trouvent, dans le Cameroun
(et une bonne partie de l’Afrique) d’aujourd’hui, uniquement et
uniquement dans la sphère ethnique. Il ne s’ensuit pas que tous leur
obéissent et se soumettent mécaniquement à leurs directives, mais
que même ceux qui les enfreignent leur reconnaissent un ascendant
moral et se laissent juger et condamner intimement par elles. Voilà
comment on peut se libérer de la lourde superstructure des
institutions et des discours modernes que nous avons plaqués,
idéologiquement, sur nos infrastructures cosmobiologiques
culturelles et qui nous interdisent de faire face à la réalité.
Où
trouve-t-on encore des manifestations de solidarité inconditionnelle
? Au nom de quelles valeurs voit-on encore des Camerounais sacrifier
leur vie ? Vis-à-vis des grands idéaux de l’Etat, de la démocratie,
des droits, il n’y a le plus souvent que psittacisme,
scepticisme dérision. La dénégation ou le refoulement de la
puissance des motivations traditionnelles par l’hypocrisie
bien-pensante ou le défaitisme intellectuel et moral est ce qui
frappe d’impotence et de folie tout ce que nous empruntons avec un
enthousiasme sincère ou feint, mais toujours délirant et avec le
même manque d’esprit de suite et de résultat probant a nos propres
yeux, à la hauteur de nos exigences et de nos aspirations les plus
modestes et les plus raisonnables dans ce monde, tel qu’il sait et
peut. Enfin, “on se libère par l’ethnie”, en un dernier sens
fondamental: c’est du dedans que l’ethnie saisit ses limites et peut
procéder à une critique interne des plus efficaces, celle qui naît
et s’exerce dans l’action à conduire selon les fins d’une stratégie
de la vie à protéger, à défendre et promouvoir, selon les requêtes
des motivations justificatives de la conscience ethnique, sachant ou
découvrant d’expérience que de soi l’ethnie n’est ni un projet ni un
programme d’action et nécessitant des décisions et des choix qui
font le partage entre les membres du groupe, entre les aspirations
velléitaires des uns, le plus grand nombre, le troupeau, et la
volonté d’agir des autres, l’infime minorité.3. La manière de faire vaut mieux que ce
qu’on fait.Les résultats jusqu’ici obtenus et le
chemin déjà parcouru par l’UdM, disais-je en commençant, n’étaient
dignes d’intérêt que par la connaissance de la nature des forces qui
les sous-tendaient et par la manière appropriée de leur déploiement.
C’est elle qui révèle les enjeux, rend visibles les fins par
l’esthétique des moyens, suggérant leur harmonie avec les idées
justificatives alléguées, mais toujours invisibles et
insaisissables, et donc exposées á l’incrédulité, au scepticisme, au
soupçon ou à la pure et simple négation empiriste ou positiviste.
Une éthique de la sobriétéJustement, l'UdM a
commencé
dans une certaine invisibilité,
le site initial est
déroutant :
des bâtiments vétustes et disgracieux,
d'un
collège protestant pour jeunes filles désaffecté
et abandonné à
la décrépitude,
à l'envahissement de la broussaille et des
buissons.
Leur remise en état et leur réaménagement
n'ont pu
en effacer les stigmates et la laideur originelle.
Mais,
l'essentiel est ailleurs.
Les laboratoires sont bien équipés,
les outils de travail sont bien là et
les cours sont assurés
à un taux honorable
de réalisation des volumes horaires
fixés par des enseignants aux compétences incontestées.
Rien
n'a été fait pour le tape-à-l'œil, pour
l'esbroufe.
Quand on
épargne, qu’on s’auto-finance, on sacrifie le paraître, le confort,
les signes extérieurs d’une richesse inexistante, d’emprunt ou de
prédation. On s’accommode du minimum, parfois juste au-dessus ou
au-dessus du seuil du sordide. C’est la marque de style d’une
culture et d’une éthique ethnique. Une accumulation primitive
de capital ne peut se faire sans une bonne dose d’austérité, cette
violence qu’on exerce contre soi-même au prix de mille
privations, pour s’affranchir de ces attaches qui empêchent
l’initiative, l’autonomie et la libre entreprise, ancrant les
individus et les nations dans une dépendance et une mendicité
abjectes.J’ai parlé d’enseignants compétents.
Ici, c’est selon le même souci d’efficience réelle, au-delà des
apparences qu’immanquablement développe le seul critère des grades
universitaires appliqué sans de nécessaires contrepoids que sont
l’expérience professionnelle, un contact avec la
recherche-développement, des responsabilités dans le secteur de
l’organisation de terrain dans l’industrie, le commerce, la santé,
la capacité de risque et de dévouement hors des sécurités et des
frilosités fonctionnaires.Le principe-source de ces manières de
faire, c’est le fait que l’initiatrice, la directrice et
propriétaire de l’UdM est une Association volontaire. Chacun y a mis
des ressources propres, mais tous sont égaux par la réquisition d’y
apporter des idées neuves, fécondes, pour l’avancement matériel,
intellectuel de l’Université. Aucune prépondérance n’est acquise au
titre d’un apport financier plus élevé. Une rupture avec la "gestion à
l'africaine"Aucun avantage n'est
octroyé
à qui que ce soit en termes de pouvoir de décision,
de placement, de recrutement,
en dehors des procédures
établies et connues.
Le président, les doyens, les chefs de
départements
et d'autres agents du personnel
sont régis par
un cahier de charges.
Loin d’en faire des gestionnaires de
quelque administration, il les institue comme des intendants d’une
Association à la souveraineté une et indivisible Celle-ci leur donne
un salaire négocié équitable couvrant nettement leurs besoins, sans
le glacis indéterminé et extensible des prérogatives et des
avantages de fonction. C’est le coup de génie de gens qui sont bien
immergés dans leur société pour en connaître les détours, les divers
modes de fonctionnement, les différents régimes de motivation et de
validation pratique des propositions d’action. Ils ont su en capter
les valeurs et les contre-valeurs. Ainsi, l’argent est hautement
important dans un projet ambitieux, mais il ne jouera pas les rôles
qu’il remplit de façon ordinaire ou exclusive, pour tout acheter,
les titres d’hier et ceux d’aujourd’hui, l’instrument du narcissisme
peu éclairé de ces détenteurs, de l’obtention de passe-droits qui
installent dans l’illégalité, l’interlope, la corruption et la rente
stérile. Les lobbies tenus à bonne
distanceL'Association ne sera
pas prise d'assaut
par les milliardaires de l'Ouest,
par les
nouveaux riches, que A. Zinoviev appelle plaisamment
et
cruellement les "anciens pauvres".
L’avarice
est leur tourment; il leur bouche toute perspective et tout
horizon. L’Association écarte aussi, par son mode d’existence et de
fonctionnement sans fanfares ni trompettes, ceux, grands et petits,
qui utilisent tout pour se faire une position dans la “tribu
transethnique” qui a privatisé l’Etat, au bénéfice de ses membres.
Il est donc d’autant plus significatif que l’Association ait trouvé
sa plus grande adhésion dans la diaspora et certaines de ses
sections les plus dynamiques. L’ethnie a un territoire symbolique,
sacré, mais elle peut être partiellement ou entièrement
déterritorialisée, acquérant ainsi une manière d’être au monde qui
ne correspond plus aux stéréotypes de la société close, et de la
solidarité mécanique, par excellence. Resterait la manière dont
l’UdM a mené sa résistance contre les tentatives d’étouffement.
Des
nouvelles stratégies de résistance
Il faut reconnaître un habile dosage
de patience, de lobbying et de diplomatie,
de contournement
des obstacles par l'utilisation de la coopération interafricaine et
internationale.
Mais il y a eu aussi désobéissance
à ce qui
se présentait abusivement comme loi.
Il
nous vient une réminiscence et l’analogie qu’on en tire. Le
mot de Nomos ne vient signifier la loi qu’en opposition à
Thesmos, comme processus interne, endogène à ce qui avait été
imposé tyranniquement de l’extérieur. Paradoxalement, les traditions
africaines expressives des processus immanents de l’infrastructure
cosmobiologique se conçoivent et se comportent comme Nomos
vis-à-vis de ce qui leur est imposé idéologiquement du dehors, au
détriment de la vie, comme Thesmos. L’ethnie a quelque chose
de métapolitique qui valide ou non ce que propose l’Etat, qui
obtient ou non son adhésion en venant à la rencontre de ce qui est
la sphère des principes de motivations et de recevabilité dernière
de toute offre sociale. C’est le fondement de la civilisation qui
condamne l’idolâtrie de l’Etat. Voilà dans quelle perspective il
convenait de saluer l’irruption de l’UdM sur la scène universitaire,
annonciatrice d’autres initiatives créatrices. Fabien
Eboussi Boulaga
Academia Africana, Directeur de la revue Terroirs
Yaoundé, Cameroun
P.S. Les intertitres sont de la
redaction. 
Université des Montagnes : vers une pacification du champ
intellectuel camerounais ?
Il y a quelques années, sur le campus
de Ahmerst College, aux États-Unis, j'ai vécu une scène qui m'aura
durablement marqué. Au cours d'une conférence sur la biographie du
Cameroun, Jean-François Bayart dissertait sur ses rencontres avec
les dirigeants africains francophones, notamment Paul Biya du
Cameroun et Sassou Nguesso du Congo. Parmi l'auditoire de monsieur
Bayart se trouvaient Ambroise Kom, Achille Mbembe et Célestin Monga,
trois des membres de la tribu de la dissidence intellectuelle
camerounaise. J'ai toujours trouvé cette scène à la fois honteuse et
absurde. Honteuse parce que les Camerounais que nous sommes devions
aller aux États-Unis pour apprendre ce qui se passait dans notre
pays. Le Français en médiateur
incontournableAbsurde parce que les dissidents
intellectuels qui rejetaient toute compromission avec les dirigeants
camerounais étaient prêts à rencontrer quelque expert français qui,
lui, pouvait rencontrer ces dirigeants compromis et leur distiller
la bonne parole.L'absurdité de cette scène s'étendait
au comportement des dissidences intellectuelles et politiques
africaines qui vivaient dans un climat de guerre civile permanente
avec les leaders politiques de leurs pays. Mongo Beti a confessé
avoir rencontré Louis-Paul Aujoulat qu'il accusait d'être le
fondateur et l'inspirateur du nécolonialisme au Cameroun. Mais Mongo
Beti s'est toujours refusé à rencontrer ceux qu'il considérait comme
les pions de l'aujoulatisme par peur de compromission. Dans la même
perspective, Mongo Beti pouvait rencontrer l'ambassadeur de France
au Cameroun, mais garder ses distances par rapport à son confrère
Ferdinand Oyono. La guerre civile entre les dissidences
intellectuelles et les pouvoirs africains élisait donc
automatiquement les Français en médiateurs. Mongo Beti voyait dans
sa polémique avec Hogbé Nlend " le début de l'affrontement
inéluctable, et d'ailleurs attendu, entre les aujoulatistes et les
intellectuels patriotes, porte-parole de l'esprit du véritable
upécisme " (Cf Philippe Bisseck, Mongo Beti à Yaoundé, 347).
L'UdM comme vecteur
d'apaisementJe voudrais voir dans la reconnaissance
de l'Université des Montagnes le début d'une pacification des
relations entre les partenaires du monde intellectuel
camerounais.La reconnaissance de l'Université des
Montagnes par le pouvoir de Yaoundé est un acte qui, au-delà de la
satisfaction légitime qu'il inspire pour ses fondateurs et leurs
alliés, pose les balises d'une reconfiguration de l'offre de la
formation postsecondaire dans l'espace éducationnel camerounais. La
sanction du gouvernement peut se lire comme une validation du
travail fourni et du reste reconnu par des expertises
internationales. On pourrait aussi y lire un signe des temps : le
Cameroun a désormais engendré une réserve d'expertise à même de
soutenir la création des universités non étatiques. L'Université des
Montagnes, et c'est là tout le mérite de la vision qui la porte, est
une entreprise associative à but non lucratif. Cette entreprise
universitaire est aussi animée par des intelligences qui se
recrutent dans la même génération que celle des recteurs, doyens et
ministres gestionnaires des structures publiques. Le philosophe
Eboussi Boulaga salue la contribution de l'UDM dans la pensée sur
l'ethnie.
L'épouvantail ethnique
démystifiéL'UDM, si j'ai bien lu le sage des
tracées philosophiques camerounaises, nous invite à repenser les
liens entre l'ethnie et l'État, les liens entre le pouvoir des
clercs et celui des capitaines d'industrie au sein de la même
ethnie, mais aussi et surtout l'ethnie comme lieu de production
d'une vision du monde.
Je voudrais proposer à la suite du
philosophe que l'UDM a déjà permis de défricher un nouvel espace de
communication entre les intellectuels jusque-là campés dans une
guerre civile rythmée par les trahisons, les suspicions mutuelles et
les incompréhensions multiples. L'établissement d'un acte de
naissance de l'UDM marque le triomphe de l'expertise comme
instrument pouvant aider à transcender les querelles politiques ou
idéologiques. Expertise importée et guerre
civileLa stratégie de l'expert, autrement dit
la malédiction du coopérant, est en partie responsable de la
situation de guerre civile qui est la modalité privilégiée des
relations entre les intellectuels et les politiques.Dans les sociétés technocratiques,
l'expertise fonctionne en général comme une occasion de médiation
voire de réconciliation entre le champ politique et la sphère des
experts qui sont une importante composante de la société civile.
Gérard Brun, dans Technocrates et technocratie en France, 1918-1945,
analyse l'émergence des techniciens comme composante majeure d'une
société civile qui conteste de plus en plus la toute-puissance de la
politique et des politiciens dans la gestion de la cité. Les
techniciens, qui ne supportent pas que l'économie soit livrée à
l'incompétence des politiciens, rejettent la politique qui, " dans
sa forme exacerbée, devient la guerre destructrice, alors que la
technique est essentiellement paisible et même pacifiante " (Brun,
79). La remise en cause de la primauté du politique s'opère donc sur
la base de l'incompétence présumée des politiciens; " l'un des plus
chers désirs des techniciens était de se réunir en dehors de ces
partis qui divisent pour construire " (Brun, 85). Selon Brun, entre
1918 et 1945, on observe une séparation de plus en plus nette entre
les techniciens, les hommes politiques et les prolétaires.

Un
laboratoire Réconcilier le champ politique et la
compétence technique
Les techniciens revendiquent le
pouvoir au nom de la compétence. La technique permet ainsi la
constitution d'un domaine autonome qui oblige les politiciens à
composer avec les techniciens. En faisant du technicien un
partenaire obligé du jeu social, la technique ouvre de nouveaux
espaces de dialogue pouvant éventuellement conduire à une
pacification accrue des relations sociales.
La technique ne fonctionne pas comme
élément de pacification des relations sociales. Le champ
intellectuel camerounais dominé par des experts qui articulent leur
discours sur le social à partir de leurs qualifications techniques
particulières est marginalisé voire persécuté par le champ
politique. Le coopérant empêche la nécessaire et indispensable
concertation qui aurait pu s'établir entre les techniciens
dissidents et les classes politiques. Le coopérant est un briseur de
grèves, devenant ainsi une cause de la violence sociale et politique
qui est un sous-produit de la violence néocoloniale. L'intimidation
des techniciens par les politiciens incompétents qui s'accaparent
des postes recourt au prétexte communiste qui a servi à couvrir le
massacre de tant de cadres camerounais. L'intimidation politique va
de pair avec la promotion de l'incompétence compensée par
l'affiliation ethnique ou régionale et politique. Ce qui est quand
même remarquable dans la position de l'ingénieur, c'est sa
disponibilité à reconnaître la logique du recrutement politique. Il
est prêt à composer avec le conservateur. Mais ce dernier, qui n'a
aucune expertise sur les forêts, ne montre aucune disposition à
reconnaître l'expertise incarnée par l'ingénieur. L'intransigeance
vient ici du politicien. La loyauté politique du conservateur est en
effet récompensée par le droit de recourir à la corruption comme
moyen d'enrichissement personnel : la gestion politique est une
marginalisation de l'expertise et une stratégie qui bloque tout
dialogue entre les composantes de l'espace social et politique
camerounais.
La reconnaissance de la qualification technique
aurait pu réduire les tensions et créer un espace de communication
entre les deux champs. L'expertise aurait pu, de ce fait, instituer
une médiation technique entre des camps politiquement opposés et dès
lors créer les conditions d'un partenariat minimum. Cependant, la
stratégie du coopérant organise l'occupation de cet espace virtuel
d'une médiation sociale et politique articulée sur une nécessité de
communication technique par les experts qui n'ont aucun intérêt dans
un éventuel consensus national dans la postcolonie. La stratégie du
coopérant, en faisant miroiter aux classes dirigeantes de la
postcolonie l'illusion d'une formule de substitution à une expertise
nationale, retarde l'émergence du nécessaire espace de médiation de
communication et de participation non politiques à la vie nationale.
La stratégie du coopérant renforce ainsi la fragmentation politique
de la société postcoloniale.
La stratégie du coopérant est une
stratégie politique qui ne participe pas de l'histoire de la nation
qui est le théâtre de l'intervention de l'assistance technique. La
stratégie de l'expert participe de l'histoire de la nation qui la
commandite. Le traité colonial, le code de l'indigénat et les
accords de coopération furent de véritables laboratoires
d'irresponsabilisation pour le peuple camerounais colonisé. Les
premières générations d'élites camerounaises formées à l'Université
de Yaoundé (je fais allusion aux cadres du ministère de
l'enseignement supérieur et aux fondateurs de l'UDM) viennent, par
le traité ratifiant l'existence officielle de l'UDM, de signaler au
monde que leur chômage technique a pris fin. En écrivant cette page
de l'histoire du Cameroun, l'expertise transcende les antagonismes
politiques, et les adversaires politiques redeviennent partenaires
de la vie nationale par la médiation technique.
Les jalons d'une
nouvelle conversation

Le cabinet
dentaireLe dialogue que concrétise l'accord
de reconnaissance de l'UDM par le gouvernement camerounais inaugure
les jalons d'une ère nouvelle. L'émergence de l'UDM marque la
coïncidence d'un moment historique : le dialogue enfin inauguré sur
la place publique se trouve au bout d'une maturation intellectuelle
commencée aux lendemains des indépendances.Frantz Fanon nous invite à mettre
fin à l'histoire de la colonisation pour commencer l'histoire de la
nation.
La mort des
fantômesLa reconnaissance de l'UDM inaugure
une pédagogie de cette nouvelle histoire qui s'écrit par les
Camerounais enfin débarrassés de tous les fantômes coloniaux et
néocoloniaux.La démarche qui a produit cet accord
fera certainement date dans les archives du dialogue social et
intellectuel. Il est grand temps que les autres partenaires de la
scène sociale et politique du Cameroun prennent acte de cette
magistrale démonstration faite par les non moins éminents
professeurs.Cilas Kemedjio
University of Rochester, Rochester,
NY, USAP.S. Les intertitres sont de la
redaction.
Partenaires
Les premiers pharmaciens de l'UdM : une coopération sud-sud
fructueuseC'est en 2004 que l'Université des
Montagnes (UdM) de la République du Cameroun a conclu une
convention de partenariat avec l'Université de Kinshasa
(UNIKIN) de la République Démocratique du Congo.Dans le cadre de ce partenariat, la
couverture académique et scientifique des filières de Médecine et de
Pharmacie de l'Institut Supérieur des Sciences de la Santé de
l'Université des Montagnes (UdM) a été confiée respectivement aux
Facultés de Médecine et des Sciences Pharmaceutiques de l'Université
de Kinshasa.En ce qui concerne la filière pharmacie
de l'UdM, des équivalences des programmes ont été établies et
validées par les organes compétents des deux institutions
universitaires après leur harmonisation.
Université de
Kinshasa Depuis lors, des professeurs de la
Faculté des Sciences Pharmaceutiques dispensent dans le cadre de ces
équivalences et les étudiants de l'UdM effectuent leur stage de
dernière année à Kinshasa. De plus, des travaux de recherche sont
menés conjointement par les chercheurs des deux institutions,
particulièrement dans le domaine de la médecine traditionnelle et
celui de la sécurité sanitaire des aliments, deux grands axes sur
lesquels sont focalisés les recherches à l'UNIKIN.
Et dans un
proche avenir, des enseignants et des chercheurs de l'UdM pourront
commencer à apporter leur contribution à la formation à l'UNIKIN,
particulièrement en DEA ou en DESS à la Faculté des Sciences
Pharmaceutiques de l'UNIKIN.Les premiers fruits bien mûrs des
accords susmentionnés ont été récoltés le 12 décembre 2006, jour où
les premiers étudiants venus de l'UdM ont été proclamés pharmaciens
de l'Université de Kinshasa. C'était après une épreuve de
connaissance générale satisfaisante et des brillantes défenses des
mémoires de fin d'études où les résultats des travaux de recherche
présentés étaient de haut niveau scientifique. L'évaluation
comprenait également l'appréciation du rapport de stage de fin
d'études effectué à Kinshasa ainsi que les épreuves inscrites au
programme de 6ème année à l'UdM.
Cette épreuve finale s'est déroulée à
Kinshasa en présence et avec la participation de la délégation des
enseignants de l'UdM conduite par le Professeur André Ntonfo,
Secrétaire Général de l'Association pour l'Education et le
Développement (AED) et Directeur des Affaires Académiques et de la
Coopération à l'UdM.

Professeur à la
faculté de Kinshasa
Les heureux lauréats de cette première
promotion inscrits en lettres d'or dans les annales de l'UdM et de
l'UNIKIN sont : Rosine Désirée Chougouo Kengne, Rina Estelle Djugang
Mbadie, Seuyap Djomo Anne, Mangongang Mbantswe Eric Olivier et
Foutse Yimta.Conformément aux us et coutumes
académiques à l'UNIKIN, les heureux lauréats ont prêté le serment de
Galien devant les maîtres de la Faculté (ceux de l'Institut des
Sciences de la Santé étaient représentés par le Professeur
Jean-Michel Tekam) et le Président National de l'Ordre des
Pharmaciens de la République Démocratique du Congo qui avait pris
acte de cette prestation en présence de leurs aînés, confrères
pharmaciens congolais présents dans la salle.
Professeur
Carteret
Cette expérience de coopération
m'inspire personnellement 3 observations :
1. il est donc
possible de développer entre pays du sud, une coopération qui peut
porter des fruits. Cet exemple de coopération académique peut servir
de leçon à nos hommes politiques dans le cadre du développement
général de nos pays ;
2. il y a dans nos pays en développement,
des compétences capables de trouver des solutions à nos problèmes de
développement lorsque les moyens sont rendus disponibles ;
3.
avec la volonté et l'esprit de solidarité, on peut bâtir une grande
œuvre en partant des moyens de bord. L'Université des Montagnes
(UdM) en est un exemple éloquent.Notre souhait est de voir ce
partenariat se développer davantage, particulièrement dans le
domaine de la recherche scientifique et de service à la population.
Dans le domaine de la recherche, nous
pourrions valoriser davantage nos plantes médicinales en partant des
connaissance ancestrales et déboucher sur la mise sur le marché des
médicaments traditionnels améliorés suivant le schéma préconisé par
l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS).L'autre grand axe de recherche qui nous
intéresse à la Faculté des Sciences Pharmaceutiques est du domaine
de la sécurité sanitaire des aliments. Les travaux dans ce domaine
auraient pour objectif ultime de déboucher finalement sur des
stratégies pouvant garantir à nos populations, une alimentation non
seulement suffisante, mais également saine.Le service à la population pourrait
notamment graviter autour de la contribution à apporter par nos deux
institutions au contrôle de la qualité des médicaments et des
aliments consommés par nos populations respectives. En effet, nos
pays du sud constituent de plus en plus, des " dépotoirs " des
produits d'origine et de qualité douteuse et ceci, à cause de la
défaillance ou de l'inexistence des systèmes de contrôle efficaces
dans nos pays en développementLa Faculté des Sciences Pharmaceutiques
a une certaine expérience dans ce domaine précis par le biais de son
Laboratoire d'Analyse et de Contrôle des Médicaments et des Denrées
Alimentaires (LACOMEDA).Enfin, il va de soi que l'autre grand
espoir qui nous anime est de voir nos jeunes diplômés être le
porte-étendard des valeurs de l'excellence dans leur vie
professionnelle ainsi que dans leur comportement dans la société.
Ils auront alors fait honneur à nos deux universités, l'Université
des Montagnes et l'Université de Kinshasa d'où ils seront
issus.
Professeur Dr Christophe MASIALA TSOBO,
Doyen
Faculté des Sciences Pharmaceutiques de l'Université de
Kinshasa
République Démocratique du Congo
UdM
Statuts
Communiqué de presse
Le Ministre de l'Enseignement
Supérieur, le Professeur Jacques FAME NDONGO, entouré de ses
principaux collaborateurs, a reçu en audience, le 08 janvier
2007, une délégation de l'Association pour l'Éducation et le
Développement (AED) conduite par le Professeur Lazare KAPTUE.
Cette audience fait suite à la mission d'évaluation
internationale effectuée à Bangangté le 25 septembre 2006 par une
délégation de la Conférence Internationale des Doyens des Facultés
de Médecine d'Expression Française (CIDMEF), et aux travaux de
la 10e session de la Commission Nationale de l'Enseignement
Supérieur Privé tenue le 05 octobre 2006. Au cours des
entretiens, les représentants de l'AED ont présenté la situation
globale de leurs Etablissements, en particulier l'Institut Supérieur
des Sciences de la Santé (ISSS). Le Ministre de l'Enseignement
Supérieur a situé l'audience dans le cadre de la nouvelle politique
de promotion d'un enseignement supérieur privé professionnel de
qualité, conformément aux dispositions de la loi d'orientation de
l'Enseignement Supérieur promulguée le 16 avril 2001 par Son
Excellence Paul BIYA, Président de la République, Chef de l'État. A
l'issue des échanges fructueux entre le Ministre de l'Enseignement
Supérieur, les promoteurs de l'Institut Supérieur des Sciences de la
Santé de Bangangté et le Doyen de la Faculté de Médecine et des
Sciences Biomédicales (FMSB) de l'Université de Yaoundé I qui y
prenait part, il a été convenu ce qui
suit :
1.
La finalisation diligente de la convention de tutelle académique et
l'actualisation subséquente du projet d'accord de partenariat entre
l'ISSS et la Faculté de Médecine et des Sciences Biomédicales de
l'Université de Yaoundé I ;
2. La validation du cursus de
formation des futurs médecins et pharmaciens à l'ISSS de Bangangté
et leur diplômation par la FMSB de l'Université de Yaoundé I,
notamment pour ce qui concerne les étudiants de la première
promotion arrivés en fin de formation au cours de l'année 2007 ;
3. La saisine de l'Université de Yaoundé I par l'AED, pour
l'établissement d'une convention de tutelle académique et d'un
accord de partenariat entre l'Institut Supérieur des Sciences et de
Technologie (ISST) de Bangangté et l'École Nationale Supérieure
Polytechnique (ENSP) ;
4. L'actualisation par l'AED des dossiers
de demande d'agrément ou d'extension soumis à la Commission
Nationale de l'Enseignement Supérieur Privé ;
5. La non
objection du MINESUP à la demande d'autorisation d'ouverture d'un
hôpital d'application à Bangangté pour les étudiants de l'ISSS ;
6. La soumission des Établissements de l'AED aux modalités de
recrutement des étudiants et des enseignants, ainsi qu'aux
conditions de promotion de ces derniers en vigueur dans
l'Enseignement Supérieur, à partir de la rentrée académique
2007-2008 ;
7. La mise en place d'un comité de suivi des
résolutions de cette séance de travail. Le Ministre de
l'Enseignement Supérieur a mis l'accent sur la contribution positive
complémentaire des Institutions Privées d'Enseignement Supérieur à
la politique gouvernementale de maximisation de l'offre de formation
professionnelle, garantissant l'assurance qualité et le souci
d'employabilité des diplômés, dans le respect de la réglementation
en vigueur. Le
Ministre de l'Enseignement Supérieur, Pr. Jacques FAME NDONGO
UdM.Comm
B.P.
208 Bangangté
Cameroun Tel:
+ (237) 348 90 89
Fax: + (237) 348 45 79
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Edité par l'AED (Association pour l'Education et
le Développement)
Association à but non lucratif (Loi du 19
Décembre 1990)
Enregistrée le 26 Août 1994 (Déclaration N0
23/RD/F36/BAPP)
Directeur de publication
:
André Ntonfo
UdM.Comm
Contact : udm.comm@wanadoo.fr
Rédacteur en chef :
Ambroise
KomConseiller à la rédaction :
Noël Toche
MbahSecrétaire de rédaction :
Véronique
Chartier
Maquette et Informatique :
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