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Une publication de l'AED


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Etudiants à l'UdM

PartenairesOne can compromise over programme but not over principle. Nkwame Nkrumah, Consciencism.
Sommaire
Numéro 3- Mai 2007

Edito

Focus Eboussi Boulaga salue l'UdM
Université des Montagnes : vers une pacification du champ intellectuel camerounais ?

Partenaires Les premiers pharmaciens de l'UdM : une coopération sud-sud fructueuse

UdM statut Communiqué de presse

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 EditoÉditorial

Le texte que vient de produire Fabien Eboussi Boulaga à propos de l'UdM ne peut se comprendre que mis en contexte. Il y a quelque temps déjà, l'AED a créé UdM.Comm pour doter l'UdM d'un canal de communication qui, au-delà du site qui ne publie que des nouvelles brèves de l'institution, peut accueillir des réflexions un peu plus élaborées émanant des étudiants, des enseignants, du personnel ou de toute autre personne attentive à l'évolution d'une initiative dont l'originalité chatouille pas mal d'esprits.

L'idée était alors venue à l'équipe AED-UdM (Association pour l'Éducation et le Développement-Université des Montagnes) de solliciter des collaborations extérieures pour permettre à certains observateurs de donner leur point de vue sur l'expérience que représente la naissance au Cameroun d'une université endogène, entièrement contrôlée par la société civile locale. Et c'est dans ce cadre qu'il avait été demandé à Fabien Eboussi Boulaga qu'on ne présente plus, d'écrire l'éditorial d'un numéro de UdM.Comm en préparation. Le texte qu'il signe aujourd'hui aurait donc dû occuper la place de celui-ci et servir d'ouverture à UdM.Comm3, suivi de toutes ses rubriques habituelles. Mais au lieu du millier de mots requis, Fabien Eboussi nous a honoré d'une réflexion dont la longueur et la portée vont bien au-delà de ce qui était attendu.

Et voilà qui m'a fait penser, toutes proportions gardées, à la genèse de The Pleasures of Exile (1960) de l'écrivain George Lamming. Comme nous le rapporte Lamming lui-même, le Canadien Robert Weaver avait demandé au jeune romancier qu'il était d'écrire l'introduction à un dossier de The Tamarack Review portant sur la littérature des Caraïbes anglophones. Lamming pense alors saisir l'occasion pour expliquer la problématique de sa production littéraire. Mais chemin faisant, il se laisse prendre au piège et produit en une quinzaine de jours, les 232 pages de The Pleasures of Exile.

Évidemment, le texte du philosophe camerounais ne se compare pas en volume à The Pleasures of Exile. Tout compte fait cependant, la réflexion de Fabien Eboussi emprunte une démarche semblable à celle de Lamming. Tout indique qu'il semble avoir saisi l'occasion qui lui était offerte pour mettre par écrit l'analyse que lui inspire l'expérience de la création de l'UdM, une initiative dont il montre par ailleurs qu'il en sait bien plus qu'on ne pouvait l'imaginer.

Du coup, la dimension des réflexions de l'auteur de La Crise du Muntu (1977), Christianisme sans fétiche (1981), Les Conférences nationales en Afrique (1993), La Démocratie de transit (1997), À contre-temps (1991) et autres Lignes de résistance (1999), etc, a pour ainsi dire déraillé le numéro du journal en préparation.

Grande a été la tentation de la rédaction de dénaturer UdM.comm, de la transformer à l'occasion en un journal de débats en y intégrant plusieurs commentaires, dûment sollicités, autour de la contribution de Fabien Eboussi. On a plutôt préféré l'accompagner d'une seule réaction, symptomatique il va sans dire, celle de Cilas Kemedjio. Mais les portes demeurent ouvertes. À l'instar de Kemedjio, nous voudrions que nos lecteurs se sentent libres de nous envoyer leurs commentaires, leur compréhension de la pensée de Fabien Eboussi Boulaga. Peut-être pourrions-nous alors avoir un petit échange d'idées autour de l'initiative AED-UdM. À vos plumes donc, si le cœur vous en dit !

Ambroise Kom

 

Focus 

Eboussi Boulaga salue l'UdM

Une hirondelle, dit-on là-bas, ne fait pas le printemps pas plus qu’ une colombe, avec son rameau d’olivier au bec, n’arrête le déluge, mais l’un et l’autre annoncent, sans garantie, la fin de temps sombres, sans visibilité ni perspective d’avenir, sans liberté d’initiative ni de conception, particulièrement dans le domaine de l’éducation. L’Université des Montagnes est l’un de ces petits signes de mutations pratiques et mentales profondes qui mettent en déroute et, peu à  peu, rendent hors de propos la dogmatique de légitimation et justification du pouvoir postcolonial camerounais et de sa gouvernance.

Une poétique de l'action

Je ne m'attarde pas
sur les résultats obtenus
qui ont paru assez probants
aux ennemis jurés de ce projet
d'Université privée pour
leur faire accepter une trêve ou un armistice.
Ce qui mérite de retenir l'attention,
ce sont les forces qui les ont portés
autant que les manières de faire
dont ils ont été produits.

Quelles forces ont été jetées dans ce qu’il faut bien appeler une bataille ? Il est sans doute permis de parler de convictions intimes et fortes, de dévouement à une cause vécue comme sacrée et vitale et donc capable de conduire à de multiples sacrifices et à une endurance infinie face aux peines, aux fatigues, aux tracas et aux humiliations. Une telle référence à des qualités  et à des attitudes morales est suspecte à nos compatriotes qui préfèrent de loin les explications plus “persuasives” ou indiscutables par la cupidité, l’argent, l’occulte avec ses astreintes et ses gratifications prodigieuses. La morale s’entend bien d’individus pris isolément, abstraitement considérés, mais non quand des comportements convergent pour constituer la force d’un agent collectif  à un moment donné du temps, s’employant à réaliser un dessein et à bâtir une oeuvre.

Mieux vaut, laissant d’autres à leurs poncifs et à leurs vaticinations, s’en tenir à l’analyse d’une action historique dans le contexte de sa genèse et selon ses dimensions politique, psychosociologique et économique. Qualités et défauts relèveraient alors d’une éthique historique de groupe. C’est une telle approche qui expliciterait et fonderait ce que je pressens d’intéressant et d’instructif dans cette expérience, puisqu’elle peut en montrer la rationalité, la pertinence, les conditions possibles de sa production/reproduction ou de sa transposition. C’est elle qui en fait un analyseur de notre “politie”. Je propose donc mes pressentiments sous la forme de quelques hypothèses ou maximes, sans pouvoir les développer ni les étayer à ma propre satisfaction. Mais j’en dirai assez pour stimuler des réflexions, peut-être des contestations et des examens plus approfondis.

1. Rien de grand ne se fait sans passion

Cette maxime (braconnée chez Hegel comme la deuxième adapte un de ses aphorismes) permet de caractériser le contexte prochain, immédiat dans lequel se trame et se décide la fondation d’une Université à l’Ouest pour l’Ouest, certains disent en pays Bamiléké pour Bamiléké. Les mirages du Renouveau ont fait croire à des personnes de bonne foi, qu’un changement politique et social était non seulement possible, mais probable et imminent, la volonté politique étant volonté d’action et non de simple aspiration velléitaire et d’incantation. Nombreux furent ceux qui voulurent participer à son avènement sans le subir, contribuer à sa configuration, à titre individuel et surtout à titre de groupes d’affinités et d’intérêts. Un groupe, baptisé C3, mobilisa des intelligences, travailla en cercle fermé et à huis clos (comme plusieurs autres de tous bords), produisit des ouvrages de diagnostics et de prescriptions bien résumés par le titre en forme de slogan de leur livre-manifeste Changer le Cameroun ? Pourquoi pas ? (1990). Ce fut un temps d’effervescence volubile, des cerveaux et des langues qui se délient, chacun espérant d’autres façons de vivre en commun et en mieux. Mais il fut emporté par un déferlement de violences verbales, de tracts haineux et d’émissions en langues régionales précurseurs de la radio des Milles Collines, de  voies de fait, de destructions de vies et de biens à qualification ethnique.

Le sentiment d’insécurité s’aggrava de celui d’une exclusion systématique de certains postes, de certaines fonctions. La psychose de la persécution gagna aussi le cercle pensant de C3, quand il perçut dans la réforme universitaire comme une machine de guerre traduisant la volonté de renvoyer “chacun dans son village” pour y voir végéter des institutions chétives et régressives, qui n’auraient d’université que le nom, tout en continuant d’être régentées “contenues” ou paralysées par une faction administrative bornée bardée de décrets, d’arrêtés, de force discrétionnaire et de privilèges. La passion, ce fut ce mélange  de frustrations, de souffrance, de dépit et de rage individuelle impuissante, mais surtout la conviction, fondée ou imaginaire, manipulée ou spontanée, d’une immense injustice enveloppant indistinctement toute une région et toute une “population”, le réveil de l’expérience traumatique du maquis avec ses morts insensées (qui, étrangement, n’ont jamais fait l’objet d’un travail public de deuil et de mémoire), ses bouleversements irréversibles et sa part d’irréparable.

La passion raisonnée et agissante

De soi, la passion subit et ne crée rien,
elle n'a pas de clairvoyance et on la dit aveugle.
Pourtant, sans elle, l'action est creuse,
gesticulation et mimétisme stériles.
Elle se métamorphose en moteur de l'action
en se soumettant à la loi de cette dernière,
qui est pensée agissante.

La pensée libre de la fixation compulsive sur un immédiat compact, elle  propose des étalements dans la durée et des parcours, les médiations de la délibération, des moyens adéquats aux visées (présence absente des buts), de la décision constitutive d’un choix préférentiel risqué et de sa mise en œuvre. Voilà comment le projet de l’Université a pris corps. Il a déplacé le champ de bataille: on n’investit pas dans une représentation fonctionnelle, proportionnelle au poids démographique et selon le mérite au sein de l’ Etat administratif tel qu’il est.

L'UdM réinvente l'université

L'enjeu est la formation d'hommes
qui ne seront jamais superflus ou parasites,
par leur aptitude à créer de l'emploi, de la richesse
et à s'adapter dans le monde des sciences,
des commerces et des industries de tous genres.
Pour une telle formation, il est vain de compter sur la conversion
interne d'une université déconnectée des réalités
par son optique rentière et le corset
de ses superstitions coloniales et antédiluviennes.

S’il faut une université qui soit le fer de lance du développement de l’emploi, elle sera “privée” ou elle ne sera pas : sa raison d’être, dans une économie d’entreprise et une société des savoirs est l’insertion efficace et performante de ses institutions et de ceux qu’elles forment dans le marché du travail, de la création continue des connaissances et d’emplois qui les matérialisent, les gèrent et les échangent en vue d’un mieux-être social digne des “vrais hommes” d’aujourd’hui.

Les qualités requises par une telle ambiance manquent totalement à celui qui n’a pas éprouvé dans sa chair et dans son âme la passion infligée  à lui-même et aux siens par un  régime sans cœur ni esprit. Les grandes oeuvres africaines viennent et viendront de ceux qui investissent, sur d’autres terrains à défricher, voire à inventer, des militances déçues sur des voies réputées et apparemment royales mais en fait minées, sordides et sans issue. D’autres paradigmes nous font signe, non pas pour que nous les adoptions et les substituions sans plus à ceux qui oppriment notre imagination, mais pour nous donner à voir ce qu’accomplissent la liberté et l’emprise sur son environnement historique, social, culturel et physique, après la découverte charnelle du coût désastreux d‘une ignorance collective entretenue, voire cultivée.

2. On ne se libère pas de l’ethnie mais par l’ethnie

Le lieu des passions, des attaques perpétrées ou subies, celui où se sont formées les ripostes et les mobilisations de l’action, a été l’ethnie. C’est bien à tort qu’on  regrettera ce fait au motif qu’il  disqualifierait moralement et politiquement cette entreprise, comme son péché originel inavouable, sa tare congénitale qu’il est vain de nier, de taire ou de camoufler.

Contre la diabolisation de l'ethnie

L'ethnie ainsi stigmatisée,
notamment sous l'appellation de "tribu",
concentre la somme d'ignorances, de contresens
et de méconnaissances affectant notre connaissance de nous-mêmes,
jusqu'à nous empêcher d'y accéder.

La première erreur est de la considérer comme une survivance de ce passé ou l’auraient relégué l’Etat, la nation, l’économie capitaliste et la démocratie. Dans cette cristallisation, elle est envisagée comme un objet à conserver ou à détruire, en partie ou en totalité, comme ornement ou comme matériau utilisable à d’autres fins plus nobles, plus vivantes et plus réelles. Ce point de vue n’est pas faux, mais il est unilatéral, celui d’une contemplation d’un phénomène au repos et de l’extérieur, d’une  position de surplomb impériale qui fige tout et abstractise tout.

L’ethnie manifeste d’autres caractéristiques ou d’autres potentialités, saisie en mouvement, dans le lieu de l’action qui se conjugue toujours au présent. Dans la structure de l’action d’une société donnée, “tout l’héritage, tous les vestiges du passé se transforment en éléments constitutifs de cette société au service du présent, ils existent et fonctionnent selon les lois du présent. Ce qui importe dès lors, ce n’est pas tel phénomène soit un vestige du passé, c’est la raison pour laquelle il existe encore, c’est l’aspect qu’il a pris dans la nouvelle société, c’est le rôle qu’il y joue” (A. Zinoviev dans Lignes de résistance,. p. 248), effectivement, dans telles actions, mais non en soi ou a priori.

La plupart du temps l’ethnie a l’existence à la fois incontestable et très diffuse d’un sentiment de similitudes culturelles, linguistiques, rituelles. Elle n’est pas une entité économique ou politique. Entre les clans qui le constituent, elle admet la concurrence et  les guerres, les distinctions d’amis et d’ennemis, d’alliés et de non alliés. Mais la solidarité et l’unité virtuelles dont l’ethnie est capable du fait des similitudes, des affinités culturelles, généalogiques, rituelles des clans qu’elle embrasse ne s’expriment que sous imposition et contrainte extérieures. C’est la violence et l’arbitraire de l’occupation guerrière de leur territoire qui leur donne un nom commun, des pratiques  exigeant leur association obligatoire. C’est l’hostilité et la menace totale qui l’unissent dans un sursaut d’action commune, la poussant, littéralement, à ses extrémités dans une réponse extraordinaire sous la forme d’une coalition de forces et d’intérêts indépendants, qui ne dure que le temps du danger dans sa plus haute intensité.

La disparition de la violence, sa réduction à des impacts plus localisés ou individuellement ciblés et à un état général de basse intensité estimée gérable par des recettes familières à chaque composante mettent fin au rassemblement “supra-clanique” et à l’action commune. Historiquement et fonctionnellement parlant, on peut se hasarder à suggérer que “l’ethnie” est suscitée ou “inventée” comme entité économique et politique par l’agression et la contrainte de l’Etat, par l’usage des moyens d’Etat et que les confédérations d’ethnies,  de clans et de “tribus” ne sont pas des formations spontanées qui font transition vers l’Etat, mais plutôt le fait de l’action d’un Etat les instrumentalisant, les manipulant et les contrôlant, notamment au moyen de la peur d’une extermination programmée, en sursis.

Nous avons suffisamment de balises pour interpréter notre adage et l’appliquer à la création de l’Université des Montagnes, à la voie que le destin lui trace dans ses origines. “On ne se libère pas de l’ethnie”. On n’y entre pas comme dans une association volontaire, fondée sur une adhésion à des croyances et à des préférences, dont on peut sortir quand elle vient à défaillir ou à changer. L’appartenance à l’ethnie n’est de l’ordre idéologique, mais cosmobiologique. Elle est l’élément “de vie, de pensée et d’action dans lequel un individu ou un groupe se reconnaît, dote ce qui l’entoure de sens et se dote lui-même de sens , met en route un processus identificatoire et identitaire”. Elle est une référence primordiale, “parce qu’elle gère la médiation, à la fois biologique et sociale, de notre double relation au monde et à l’altérité, aux autres”, instaurant pour  un groupe un lieu d’enracinement imaginaire et, à partir de celui-ci, une trame de lieux subjectivement orientés et hiérarchisés. On voit pourquoi il est un recours dans des cas de crise, de désorientation, de péril suprême.

“On se libère par l’ethnie”, dès lors qu’elle permet ce ressourcement, cette plongée dans les profondeurs qui déterminent les attitudes des individus vis-à-vis des principes, des normes et des critères concrets de l’action. Les motivations justificatives qui leur  donnent une effectivité sociale et les font s’inscrire dans des actes, des projets collectifs assumés se trouvent, dans le Cameroun (et une bonne partie de l’Afrique) d’aujourd’hui, uniquement et uniquement dans la sphère ethnique. Il ne s’ensuit pas que tous leur obéissent et se soumettent mécaniquement à leurs directives, mais que même ceux qui les enfreignent leur reconnaissent un ascendant moral et se laissent juger et condamner intimement par elles. Voilà comment on peut se libérer de la lourde superstructure des institutions et des discours modernes que nous avons plaqués, idéologiquement, sur nos infrastructures cosmobiologiques culturelles et qui nous interdisent de faire face à la réalité.

Où trouve-t-on encore des manifestations de solidarité inconditionnelle ? Au nom de quelles valeurs voit-on encore des Camerounais sacrifier leur vie ? Vis-à-vis des grands idéaux de l’Etat, de la démocratie, des droits, il n’y a le plus souvent que psittacisme, scepticisme  dérision. La dénégation ou le refoulement de la puissance des motivations traditionnelles par l’hypocrisie bien-pensante ou le défaitisme intellectuel et moral est ce qui frappe d’impotence et de folie tout ce que nous empruntons avec un enthousiasme sincère ou feint, mais toujours délirant et avec le même manque d’esprit de suite et de résultat probant a nos propres yeux, à la hauteur de nos exigences et de nos aspirations les plus modestes et les plus raisonnables dans ce monde, tel qu’il sait et peut. Enfin, “on se libère par l’ethnie”, en un dernier sens fondamental: c’est du dedans que l’ethnie saisit ses limites et peut procéder à une critique interne des plus efficaces, celle qui naît et s’exerce dans l’action à conduire selon les fins d’une stratégie de la vie à protéger, à défendre et promouvoir, selon les requêtes des motivations justificatives de la conscience ethnique, sachant ou découvrant d’expérience que de soi l’ethnie n’est ni un projet ni un programme d’action et nécessitant des décisions et des choix qui font le partage entre les membres du groupe, entre les aspirations velléitaires des uns, le plus grand nombre, le troupeau, et la volonté d’agir des autres, l’infime minorité.

3. La manière de faire vaut mieux que ce qu’on fait.

Les résultats jusqu’ici obtenus et le chemin déjà parcouru par l’UdM, disais-je en commençant, n’étaient dignes d’intérêt que par la connaissance de la nature des forces qui les sous-tendaient et par la manière appropriée de leur déploiement. C’est elle qui révèle les enjeux, rend visibles les fins par l’esthétique des moyens, suggérant leur harmonie avec les idées justificatives alléguées, mais toujours invisibles et insaisissables, et donc exposées á l’incrédulité, au scepticisme, au soupçon ou à la pure et simple négation empiriste ou positiviste.

Une éthique de la sobriété

Justement, l'UdM a commencé
dans une certaine invisibilité,
le site initial est déroutant :
des bâtiments vétustes et disgracieux,
d'un collège protestant pour jeunes filles désaffecté
et abandonné à la décrépitude,
à l'envahissement de la broussaille et des buissons.
Leur remise en état et leur réaménagement
n'ont pu en effacer les stigmates et la laideur originelle.
Mais, l'essentiel est ailleurs.
Les laboratoires sont bien équipés,
les outils de travail sont bien là et
les cours sont assurés à un taux honorable
de réalisation des volumes horaires
fixés par des enseignants aux compétences incontestées.
Rien n'a été fait pour le tape-à-l'œil, pour l'esbroufe.

Quand on épargne, qu’on s’auto-finance, on sacrifie le paraître, le confort, les signes extérieurs d’une richesse inexistante, d’emprunt ou de prédation. On s’accommode du minimum, parfois juste au-dessus ou au-dessus du seuil du sordide. C’est la marque de style d’une culture et  d’une éthique ethnique. Une accumulation primitive de capital ne peut se faire sans une bonne dose d’austérité, cette violence qu’on exerce contre soi-même au prix  de mille privations, pour s’affranchir de ces attaches qui empêchent l’initiative, l’autonomie et la libre entreprise, ancrant les individus et les nations dans une dépendance et une mendicité abjectes.

J’ai parlé d’enseignants compétents. Ici, c’est selon le même souci d’efficience réelle, au-delà des apparences qu’immanquablement développe le seul critère des grades universitaires appliqué sans de nécessaires contrepoids que sont l’expérience professionnelle, un contact avec la recherche-développement, des responsabilités dans le secteur de l’organisation de terrain dans l’industrie, le commerce, la santé, la capacité de risque et de dévouement hors des sécurités et des frilosités fonctionnaires.

Le principe-source de ces manières de faire, c’est le fait que l’initiatrice, la directrice et propriétaire de l’UdM est une Association volontaire. Chacun y a mis des ressources propres, mais tous sont égaux par la réquisition d’y apporter des idées neuves, fécondes, pour l’avancement matériel, intellectuel de l’Université. Aucune prépondérance n’est acquise au titre d’un apport financier plus élevé.

Une rupture avec la "gestion à l'africaine"Aucun avantage n'est octroyé
à qui que ce soit en termes de pouvoir de décision,
de placement, de recrutement,
en dehors des procédures établies et connues.
Le président, les doyens, les chefs de départements
et d'autres agents du personnel
sont régis par un cahier de charges.

Loin d’en faire des gestionnaires de quelque administration, il les institue comme des intendants d’une Association à la souveraineté une et indivisible Celle-ci leur donne un salaire négocié équitable couvrant nettement leurs besoins, sans le glacis indéterminé et extensible des prérogatives et des avantages de fonction. C’est le coup de génie de gens qui sont bien immergés dans leur société pour en connaître les détours, les divers modes de fonctionnement, les différents régimes de motivation et de validation pratique des propositions d’action. Ils ont su en capter les valeurs et les contre-valeurs. Ainsi, l’argent est hautement important dans un projet ambitieux, mais il ne jouera pas les rôles qu’il remplit de façon ordinaire ou exclusive, pour tout acheter, les titres d’hier et ceux d’aujourd’hui, l’instrument du narcissisme peu éclairé de ces détenteurs, de l’obtention de passe-droits qui installent dans l’illégalité, l’interlope, la corruption et la rente stérile.

Les lobbies tenus à bonne distanceL'Association ne sera pas prise d'assaut
par les milliardaires de l'Ouest,
par les nouveaux riches, que A. Zinoviev appelle plaisamment
et cruellement les "anciens pauvres".

L’avarice est leur tourment; il leur bouche  toute perspective et tout horizon. L’Association écarte aussi, par son mode d’existence et de fonctionnement sans fanfares ni trompettes, ceux, grands et petits, qui utilisent tout pour se faire une position dans la “tribu transethnique” qui a privatisé l’Etat, au bénéfice de ses membres. Il est donc d’autant plus significatif que l’Association ait trouvé sa plus grande adhésion dans la diaspora et certaines de ses sections les plus dynamiques. L’ethnie a un territoire symbolique, sacré, mais elle peut être partiellement ou entièrement déterritorialisée, acquérant ainsi une manière d’être au monde qui ne correspond plus aux stéréotypes de la société close, et de la solidarité mécanique, par excellence. Resterait la manière dont l’UdM a mené sa résistance contre les tentatives d’étouffement.

Des nouvelles stratégies de résistance Il faut reconnaître un habile dosage
de patience, de lobbying et de diplomatie,
de contournement des obstacles par l'utilisation de la coopération interafricaine et internationale.
Mais il y a eu aussi désobéissance
à ce qui se présentait abusivement comme loi.

Il nous  vient une réminiscence et l’analogie qu’on en tire. Le mot de Nomos ne vient signifier la loi qu’en opposition à Thesmos, comme processus interne, endogène à ce qui avait été imposé tyranniquement de l’extérieur. Paradoxalement, les traditions africaines expressives des processus immanents de l’infrastructure cosmobiologique se conçoivent et se comportent comme Nomos vis-à-vis de ce qui leur est imposé idéologiquement du dehors, au détriment de la vie, comme Thesmos. L’ethnie a quelque chose de métapolitique qui valide ou non ce que propose l’Etat, qui obtient ou non son adhésion en venant à la rencontre de ce qui est la sphère des principes de motivations et de recevabilité dernière de toute offre sociale. C’est le fondement de la civilisation qui condamne l’idolâtrie de l’Etat. Voilà dans quelle perspective il convenait de saluer l’irruption de l’UdM sur la scène universitaire, annonciatrice d’autres initiatives créatrices.

 

Fabien Eboussi Boulaga
Academia Africana, Directeur de la revue Terroirs
Yaoundé, Cameroun

P.S. Les intertitres sont de la redaction.

 

 

  Université des Montagnes : vers une pacification du champ intellectuel camerounais ?

Il y a quelques années, sur le campus de Ahmerst College, aux États-Unis, j'ai vécu une scène qui m'aura durablement marqué. Au cours d'une conférence sur la biographie du Cameroun, Jean-François Bayart dissertait sur ses rencontres avec les dirigeants africains francophones, notamment Paul Biya du Cameroun et Sassou Nguesso du Congo. Parmi l'auditoire de monsieur Bayart se trouvaient Ambroise Kom, Achille Mbembe et Célestin Monga, trois des membres de la tribu de la dissidence intellectuelle camerounaise. J'ai toujours trouvé cette scène à la fois honteuse et absurde. Honteuse parce que les Camerounais que nous sommes devions aller aux États-Unis pour apprendre ce qui se passait dans notre pays.

Le Français en médiateur incontournable

Absurde parce que les dissidents intellectuels qui rejetaient toute compromission avec les dirigeants camerounais étaient prêts à rencontrer quelque expert français qui, lui, pouvait rencontrer ces dirigeants compromis et leur distiller la bonne parole.

L'absurdité de cette scène s'étendait au comportement des dissidences intellectuelles et politiques africaines qui vivaient dans un climat de guerre civile permanente avec les leaders politiques de leurs pays. Mongo Beti a confessé avoir rencontré Louis-Paul Aujoulat qu'il accusait d'être le fondateur et l'inspirateur du nécolonialisme au Cameroun. Mais Mongo Beti s'est toujours refusé à rencontrer ceux qu'il considérait comme les pions de l'aujoulatisme par peur de compromission. Dans la même perspective, Mongo Beti pouvait rencontrer l'ambassadeur de France au Cameroun, mais garder ses distances par rapport à son confrère Ferdinand Oyono. La guerre civile entre les dissidences intellectuelles et les pouvoirs africains élisait donc automatiquement les Français en médiateurs. Mongo Beti voyait dans sa polémique avec Hogbé Nlend " le début de l'affrontement inéluctable, et d'ailleurs attendu, entre les aujoulatistes et les intellectuels patriotes, porte-parole de l'esprit du véritable upécisme " (Cf Philippe Bisseck, Mongo Beti à Yaoundé, 347).

L'UdM comme vecteur d'apaisement

Je voudrais voir dans la reconnaissance de l'Université des Montagnes le début d'une pacification des relations entre les partenaires du monde intellectuel camerounais.

La reconnaissance de l'Université des Montagnes par le pouvoir de Yaoundé est un acte qui, au-delà de la satisfaction légitime qu'il inspire pour ses fondateurs et leurs alliés, pose les balises d'une reconfiguration de l'offre de la formation postsecondaire dans l'espace éducationnel camerounais. La sanction du gouvernement peut se lire comme une validation du travail fourni et du reste reconnu par des expertises internationales. On pourrait aussi y lire un signe des temps : le Cameroun a désormais engendré une réserve d'expertise à même de soutenir la création des universités non étatiques. L'Université des Montagnes, et c'est là tout le mérite de la vision qui la porte, est une entreprise associative à but non lucratif. Cette entreprise universitaire est aussi animée par des intelligences qui se recrutent dans la même génération que celle des recteurs, doyens et ministres gestionnaires des structures publiques. Le philosophe Eboussi Boulaga salue la contribution de l'UDM dans la pensée sur l'ethnie.


L'épouvantail ethnique démystifié

L'UDM, si j'ai bien lu le sage des tracées philosophiques camerounaises, nous invite à repenser les liens entre l'ethnie et l'État, les liens entre le pouvoir des clercs et celui des capitaines d'industrie au sein de la même ethnie, mais aussi et surtout l'ethnie comme lieu de production d'une vision du monde.


Je voudrais proposer à la suite du philosophe que l'UDM a déjà permis de défricher un nouvel espace de communication entre les intellectuels jusque-là campés dans une guerre civile rythmée par les trahisons, les suspicions mutuelles et les incompréhensions multiples. L'établissement d'un acte de naissance de l'UDM marque le triomphe de l'expertise comme instrument pouvant aider à transcender les querelles politiques ou idéologiques.

Expertise importée et guerre civile

La stratégie de l'expert, autrement dit la malédiction du coopérant, est en partie responsable de la situation de guerre civile qui est la modalité privilégiée des relations entre les intellectuels et les politiques.

Dans les sociétés technocratiques, l'expertise fonctionne en général comme une occasion de médiation voire de réconciliation entre le champ politique et la sphère des experts qui sont une importante composante de la société civile. Gérard Brun, dans Technocrates et technocratie en France, 1918-1945, analyse l'émergence des techniciens comme composante majeure d'une société civile qui conteste de plus en plus la toute-puissance de la politique et des politiciens dans la gestion de la cité. Les techniciens, qui ne supportent pas que l'économie soit livrée à l'incompétence des politiciens, rejettent la politique qui, " dans sa forme exacerbée, devient la guerre destructrice, alors que la technique est essentiellement paisible et même pacifiante " (Brun, 79). La remise en cause de la primauté du politique s'opère donc sur la base de l'incompétence présumée des politiciens; " l'un des plus chers désirs des techniciens était de se réunir en dehors de ces partis qui divisent pour construire " (Brun, 85). Selon Brun, entre 1918 et 1945, on observe une séparation de plus en plus nette entre les techniciens, les hommes politiques et les prolétaires.


Un laboratoire 

Réconcilier le champ politique et la compétence technique


Les techniciens revendiquent le pouvoir au nom de la compétence. La technique permet ainsi la constitution d'un domaine autonome qui oblige les politiciens à composer avec les techniciens. En faisant du technicien un partenaire obligé du jeu social, la technique ouvre de nouveaux espaces de dialogue pouvant éventuellement conduire à une pacification accrue des relations sociales.

La technique ne fonctionne pas comme élément de pacification des relations sociales. Le champ intellectuel camerounais dominé par des experts qui articulent leur discours sur le social à partir de leurs qualifications techniques particulières est marginalisé voire persécuté par le champ politique. Le coopérant empêche la nécessaire et indispensable concertation qui aurait pu s'établir entre les techniciens dissidents et les classes politiques. Le coopérant est un briseur de grèves, devenant ainsi une cause de la violence sociale et politique qui est un sous-produit de la violence néocoloniale. L'intimidation des techniciens par les politiciens incompétents qui s'accaparent des postes recourt au prétexte communiste qui a servi à couvrir le massacre de tant de cadres camerounais. L'intimidation politique va de pair avec la promotion de l'incompétence compensée par l'affiliation ethnique ou régionale et politique. Ce qui est quand même remarquable dans la position de l'ingénieur, c'est sa disponibilité à reconnaître la logique du recrutement politique. Il est prêt à composer avec le conservateur. Mais ce dernier, qui n'a aucune expertise sur les forêts, ne montre aucune disposition à reconnaître l'expertise incarnée par l'ingénieur. L'intransigeance vient ici du politicien. La loyauté politique du conservateur est en effet récompensée par le droit de recourir à la corruption comme moyen d'enrichissement personnel : la gestion politique est une marginalisation de l'expertise et une stratégie qui bloque tout dialogue entre les composantes de l'espace social et politique camerounais.
La reconnaissance de la qualification technique aurait pu réduire les tensions et créer un espace de communication entre les deux champs. L'expertise aurait pu, de ce fait, instituer une médiation technique entre des camps politiquement opposés et dès lors créer les conditions d'un partenariat minimum. Cependant, la stratégie du coopérant organise l'occupation de cet espace virtuel d'une médiation sociale et politique articulée sur une nécessité de communication technique par les experts qui n'ont aucun intérêt dans un éventuel consensus national dans la postcolonie. La stratégie du coopérant, en faisant miroiter aux classes dirigeantes de la postcolonie l'illusion d'une formule de substitution à une expertise nationale, retarde l'émergence du nécessaire espace de médiation de communication et de participation non politiques à la vie nationale. La stratégie du coopérant renforce ainsi la fragmentation politique de la société postcoloniale.
La stratégie du coopérant est une stratégie politique qui ne participe pas de l'histoire de la nation qui est le théâtre de l'intervention de l'assistance technique. La stratégie de l'expert participe de l'histoire de la nation qui la commandite. Le traité colonial, le code de l'indigénat et les accords de coopération furent de véritables laboratoires d'irresponsabilisation pour le peuple camerounais colonisé. Les premières générations d'élites camerounaises formées à l'Université de Yaoundé (je fais allusion aux cadres du ministère de l'enseignement supérieur et aux fondateurs de l'UDM) viennent, par le traité ratifiant l'existence officielle de l'UDM, de signaler au monde que leur chômage technique a pris fin. En écrivant cette page de l'histoire du Cameroun, l'expertise transcende les antagonismes politiques, et les adversaires politiques redeviennent partenaires de la vie nationale par la médiation technique.
Les jalons d'une nouvelle conversation


Le cabinet dentaire

Le dialogue que concrétise l'accord de reconnaissance de l'UDM par le gouvernement camerounais inaugure les jalons d'une ère nouvelle. L'émergence de l'UDM marque la coïncidence d'un moment historique : le dialogue enfin inauguré sur la place publique se trouve au bout d'une maturation intellectuelle commencée aux lendemains des indépendances.

Frantz Fanon nous invite à mettre fin à l'histoire de la colonisation pour commencer l'histoire de la nation.


La mort des fantômes

La reconnaissance de l'UDM inaugure une pédagogie de cette nouvelle histoire qui s'écrit par les Camerounais enfin débarrassés de tous les fantômes coloniaux et néocoloniaux.

La démarche qui a produit cet accord fera certainement date dans les archives du dialogue social et intellectuel. Il est grand temps que les autres partenaires de la scène sociale et politique du Cameroun prennent acte de cette magistrale démonstration faite par les non moins éminents professeurs.

Cilas Kemedjio
University of Rochester, Rochester, NY, USA

P.S. Les intertitres sont de la redaction.


Partenaires
Les premiers pharmaciens de l'UdM : une coopération sud-sud fructueuse

C'est en 2004 que l'Université des Montagnes (UdM) de la République du Cameroun a conclu une convention de partenariat avec l'Université de Kinshasa (UNIKIN) de la République Démocratique du Congo.

Dans le cadre de ce partenariat, la couverture académique et scientifique des filières de Médecine et de Pharmacie de l'Institut Supérieur des Sciences de la Santé de l'Université des Montagnes (UdM) a été confiée respectivement aux Facultés de Médecine et des Sciences Pharmaceutiques de l'Université de Kinshasa.

En ce qui concerne la filière pharmacie de l'UdM, des équivalences des programmes ont été établies et validées par les organes compétents des deux institutions universitaires après leur harmonisation.


Université de Kinshasa 

Depuis lors, des professeurs de la Faculté des Sciences Pharmaceutiques dispensent dans le cadre de ces équivalences et les étudiants de l'UdM effectuent leur stage de dernière année à Kinshasa. De plus, des travaux de recherche sont menés conjointement par les chercheurs des deux institutions, particulièrement dans le domaine de la médecine traditionnelle et celui de la sécurité sanitaire des aliments, deux grands axes sur lesquels sont focalisés les recherches à l'UNIKIN.
Et dans un proche avenir, des enseignants et des chercheurs de l'UdM pourront commencer à apporter leur contribution à la formation à l'UNIKIN, particulièrement en DEA ou en DESS à la Faculté des Sciences Pharmaceutiques de l'UNIKIN.

Les premiers fruits bien mûrs des accords susmentionnés ont été récoltés le 12 décembre 2006, jour où les premiers étudiants venus de l'UdM ont été proclamés pharmaciens de l'Université de Kinshasa. C'était après une épreuve de connaissance générale satisfaisante et des brillantes défenses des mémoires de fin d'études où les résultats des travaux de recherche présentés étaient de haut niveau scientifique. L'évaluation comprenait également l'appréciation du rapport de stage de fin d'études effectué à Kinshasa ainsi que les épreuves inscrites au programme de 6ème année à l'UdM.

Cette épreuve finale s'est déroulée à Kinshasa en présence et avec la participation de la délégation des enseignants de l'UdM conduite par le Professeur André Ntonfo, Secrétaire Général de l'Association pour l'Education et le Développement (AED) et Directeur des Affaires Académiques et de la Coopération à l'UdM.


Professeur à la faculté de Kinshasa

Les heureux lauréats de cette première promotion inscrits en lettres d'or dans les annales de l'UdM et de l'UNIKIN sont : Rosine Désirée Chougouo Kengne, Rina Estelle Djugang Mbadie, Seuyap Djomo Anne, Mangongang Mbantswe Eric Olivier et Foutse Yimta.

Conformément aux us et coutumes académiques à l'UNIKIN, les heureux lauréats ont prêté le serment de Galien devant les maîtres de la Faculté (ceux de l'Institut des Sciences de la Santé étaient représentés par le Professeur Jean-Michel Tekam) et le Président National de l'Ordre des Pharmaciens de la République Démocratique du Congo qui avait pris acte de cette prestation en présence de leurs aînés, confrères pharmaciens congolais présents dans la salle.


Professeur Carteret


Cette expérience de coopération m'inspire personnellement 3 observations :

1. il est donc possible de développer entre pays du sud, une coopération qui peut porter des fruits. Cet exemple de coopération académique peut servir de leçon à nos hommes politiques dans le cadre du développement général de nos pays ;
2. il y a dans nos pays en développement, des compétences capables de trouver des solutions à nos problèmes de développement lorsque les moyens sont rendus disponibles ;
3. avec la volonté et l'esprit de solidarité, on peut bâtir une grande œuvre en partant des moyens de bord. L'Université des Montagnes (UdM) en est un exemple éloquent.

Notre souhait est de voir ce partenariat se développer davantage, particulièrement dans le domaine de la recherche scientifique et de service à la population.

Dans le domaine de la recherche, nous pourrions valoriser davantage nos plantes médicinales en partant des connaissance ancestrales et déboucher sur la mise sur le marché des médicaments traditionnels améliorés suivant le schéma préconisé par l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS).

L'autre grand axe de recherche qui nous intéresse à la Faculté des Sciences Pharmaceutiques est du domaine de la sécurité sanitaire des aliments. Les travaux dans ce domaine auraient pour objectif ultime de déboucher finalement sur des stratégies pouvant garantir à nos populations, une alimentation non seulement suffisante, mais également saine.

Le service à la population pourrait notamment graviter autour de la contribution à apporter par nos deux institutions au contrôle de la qualité des médicaments et des aliments consommés par nos populations respectives. En effet, nos pays du sud constituent de plus en plus, des " dépotoirs " des produits d'origine et de qualité douteuse et ceci, à cause de la défaillance ou de l'inexistence des systèmes de contrôle efficaces dans nos pays en développement

La Faculté des Sciences Pharmaceutiques a une certaine expérience dans ce domaine précis par le biais de son Laboratoire d'Analyse et de Contrôle des Médicaments et des Denrées Alimentaires (LACOMEDA).

Enfin, il va de soi que l'autre grand espoir qui nous anime est de voir nos jeunes diplômés être le porte-étendard des valeurs de l'excellence dans leur vie professionnelle ainsi que dans leur comportement dans la société. Ils auront alors fait honneur à nos deux universités, l'Université des Montagnes et l'Université de Kinshasa d'où ils seront issus.


Professeur Dr Christophe MASIALA TSOBO, Doyen
Faculté des Sciences Pharmaceutiques de l'Université de Kinshasa
République Démocratique du Congo

 

 

UdM Statuts 

Communiqué de presse

Le Ministre de l'Enseignement Supérieur
, le Professeur Jacques FAME NDONGO, entouré de ses principaux collaborateurs, a reçu en audience, le 08 janvier 2007, une délégation de l'Association pour l'Éducation et le Développement (AED) conduite par le Professeur Lazare KAPTUE.

Cette audience fait suite à la mission d'évaluation internationale effectuée à Bangangté le 25 septembre 2006 par une délégation de la Conférence Internationale des Doyens des Facultés de Médecine d'Expression Française (CIDMEF), et aux travaux de la 10e session de la Commission Nationale de l'Enseignement Supérieur Privé tenue le 05 octobre 2006. Au cours des entretiens, les représentants de l'AED ont présenté la situation globale de leurs Etablissements, en particulier l'Institut Supérieur des Sciences de la Santé (ISSS). Le Ministre de l'Enseignement Supérieur a situé l'audience dans le cadre de la nouvelle politique de promotion d'un enseignement supérieur privé professionnel de qualité, conformément aux dispositions de la loi d'orientation de l'Enseignement Supérieur promulguée le 16 avril 2001 par Son Excellence Paul BIYA, Président de la République, Chef de l'État. A l'issue des échanges fructueux entre le Ministre de l'Enseignement Supérieur, les promoteurs de l'Institut Supérieur des Sciences de la Santé de Bangangté et le Doyen de la Faculté de Médecine et des Sciences Biomédicales (FMSB) de l'Université de Yaoundé I qui y prenait part, il a été convenu ce qui
suit
:

1. La finalisation diligente de la convention de tutelle académique et l'actualisation subséquente du projet d'accord de partenariat entre l'ISSS et la Faculté de Médecine et des Sciences Biomédicales de l'Université de Yaoundé I ;
2. La validation du cursus de formation des futurs médecins et pharmaciens à l'ISSS de Bangangté et leur diplômation par la FMSB de l'Université de Yaoundé I, notamment pour ce qui concerne les étudiants de la première promotion arrivés en fin de formation au cours de l'année 2007 ;
3. La saisine de l'Université de Yaoundé I par l'AED, pour l'établissement d'une convention de tutelle académique et d'un accord de partenariat entre l'Institut Supérieur des Sciences et de Technologie (ISST) de Bangangté et l'École Nationale Supérieure Polytechnique (ENSP) ;
4. L'actualisation par l'AED des dossiers de demande d'agrément ou d'extension soumis à la Commission Nationale de l'Enseignement Supérieur Privé ;
5. La non objection du MINESUP à la demande d'autorisation d'ouverture d'un hôpital d'application à Bangangté pour les étudiants de l'ISSS ;
6. La soumission des Établissements de l'AED aux modalités de recrutement des étudiants et des enseignants, ainsi qu'aux conditions de promotion de ces derniers en vigueur dans l'Enseignement Supérieur, à partir de la rentrée académique 2007-2008 ;
7. La mise en place d'un comité de suivi des résolutions de cette séance de travail. Le Ministre de l'Enseignement Supérieur a mis l'accent sur la contribution positive complémentaire des Institutions Privées d'Enseignement Supérieur à la politique gouvernementale de maximisation de l'offre de formation professionnelle, garantissant l'assurance qualité et le souci d'employabilité des diplômés, dans le respect de la réglementation en vigueur.
Le Ministre de l'Enseignement Supérieur, Pr. Jacques FAME NDONGO

 

UdM.Comm
B.P. 208 Bangangté
Cameroun

Tel: + (237) 348 90 89
Fax: + (237) 348 45 79
Courrier électronique:
udm.comm@wanadoo.fr


Edité par l'AED (Association pour l'Education et le Développement)
Association à but non lucratif (Loi du 19 Décembre 1990)
Enregistrée le 26 Août 1994 (Déclaration N0 23/RD/F36/BAPP)

Directeur de publication :
André Ntonfo


UdM.Comm
Contact : udm.comm@wanadoo.fr

Rédacteur en chef :
Ambroise Kom

Conseiller à la rédaction :
Noël Toche Mbah

Secrétaire de rédaction :
Véronique Chartier

Maquette et Informatique :
Françoise Gandon

Rédaction :
Jean-Pierre Chaungueu
François Xavier Luc Deutchoua
Alphonse Djapiapsi
Innocent Futcha
Luc Kamga

Anselme Nzoko




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